NICOLAS
TILLY

●Installation●Édition●Enseignement●

nicolas[@]nicolastilly[.]fr




Dessin mural (étude), 2015.

 
 
 
 
 
 
 

Je suis né en 1982 à saint-Germain-en-laye (Yvelines) et j'habite et travaille à Paris. Diplômé de l'École Régionale des Beaux-Arts de Valence en 2006, j'ai ensuite suivi un post-diplôme à l'École Nationale Supérieure de Création Industrielle à Paris en 2007, date à laquelle le projet de "La Bête-Monde" a vu le jour, sculpture peu à peu augmentée de maquettes, dessins et vidéos pour devenir aujourd'hui une installation dans l'espace. Depuis mes études aux beaux-arts de Valence en 2006, je questionne également le jeu vidéo par le bais de l'écriture en menant un projet éditorial du nom d'Écriture-Vidéoludique. Ce projet prend aujourd'hui la forme d'une revue-application qui mixe création visuelle, écriture et vidéo à destination des tablettes et smartphones. Depuis septembre 2013, j'enseigne à l'ESAD Orléans le graphisme interactif (cours et Atelier de Recherche et Création sur les nouvelles formes d'édition).

 
 
 
 
 

The Great Learning

Mai 2015 - Projection

Projection de mon film The Great Learning - Paragraphe 7 dans le cadre du festival El Nicho à Mexico le 14 mai 2015.

 

Prismatic Binoculars

DPF A PUBLICATION

Mars 2015 - Archive web

Lancement de la nouvelle version du site Prismatic Binoculars. PB est un projet d'archive web démarré en 2010 sur une collecte de références visuelles.

Le Cristallographe

Le Cristallographe

février 2015 - App / édition / installation

Lancement du site présentant le projet Le Cristallographe > Plus d'infos.

ESAD

JPO ESAD Orléans

février 2015 - JPO ESAD Orléans

Présentation de la recherche au sein de l'ARC Édition Nouvelles Formes ainsi qu'en graphisme interactif à l'ESAD Orléans.

 

Les Forces Élémentaires

Les Forces Élémentaires
Les Forces Élémentaires

Les Forces Élémentaires

Les Forces Élémentaires

Les Forces Élémentaires

Les Forces Élémentaires

Les Forces Élémentaires

Les Forces Élémentaires

 

Les Forces ÉlémentairesEn dernier lieu, on s'intéressera aux changements provenant des remises en forme ou des déformations qui, selon le point de vue, peuvent être considérées soit comme des corrections, soit comme des distorsions.
(Nelson Goodman, Manière de faire des mondes, Folio essais, 2010)

Ce projet, qui associe vidéos et maquettes, se met en place avec l'idée qu'un dispositif particulier d'observation aborde le regard comme valeur de mesure et de filtre. Les points de vue se multiplient, rendant possible l'observation d'un univers en train de se cristalliser. Dans ce contexte, les dispositifs et maquettes sont des objets sans mesure ni échelle, qui permettent d’accéder à une autre dimension. Une question se pose alors, que reste t-il dans dans cet espace déserté par la vie ?

Détails du projet

- Projet en cours.

- Formats : Installation vidéos et maquettes.

- Création sonore : Mathieu Tilly

 
 

Le Cristallographe

Le Cristallographe
 
Le Cristallographe

Le Cristallographe

Le Cristallographe

 

Le CristallographeUn jeu inspiré par les livres, un livre inspiré par les jeux…
Le Cristallographe est un projet hybride dont les formats sont les suivants : un jeu vidéo (une application inspirée des livres-jeu), une édition imprimée (une collection de journaux) ainsi qu'une installation vidéo. L'ensemble de ces trois formats compose le projet qui retrace les histoires et les découvertes d'un cristallographe.

Le constat aujourd'hui est le suivant : les propriétés de certains cristaux sont primordiaux dans la fabrication de l'électronique high-tech. Le Cristallographe aborde cet aspect, dans un univers aux frontières du minéral et de l'électronique, dont les questions d'échelle seront au centre de l'expérience globale du projet.
Ce projet clôt le projet "La Bête-Monde" démarré en 2007 avec une sculpture, et qui a évolué au fil des années par l'ajout de maquettes, dessins et vidéos.

Détails du projet

- Développement en cours. Site web du projet : www.lecristallographe.fr

- Formats : Installation, édition et application.

 
 

Écriture-Vidéoludique

Écriture-Vidéoludique
 
Écriture-Vidéoludique

EV est une app disponible sur Android,

Écriture-Vidéoludique

ainsi que sur iOS (iPad et iPhone).

Écriture-Vidéoludique

Avec des contenus variés

Articles, interviews vidéo, photographies, sons, portfolios...

Écriture-Vidéoludique

Et un journal évenementiel

ITEM#1 lors du festival Zoo Machines.

Écriture-Vidéoludique

Le site web d'EV

Documente et détaille le projet.

 

Écriture-VidéoludiqueÉcriture-Vidéoludique est une application à destination des tablettes et smartphones. Sous la forme d’une revue numérique, l’idée est de rendre compte des mutations culturelles issues du jeu vidéo par le biais de contenus divers comme des articles, fictions, créations graphiques, reportages vidéo… L’originalité d’Écriture-Vidéoludique est de réunir un ensemble de propositions provenant de créateurs, artistes, game designers, écrivains, journalistes permettant une approche nouvelle dans la culture du jeu vidéo.

EV est également disponible dans la librairie indépendante d’ouvrages numériques Art, Book, Magazine. Le lancement du 1er numéro a eu lieu en décembre 2012 au Centre de Ressources de la Gaité Lyrique.
Depuis novembre 2014, Écriture-Vidéoludique édite également un journal papier du nom d'ITEM. Ce journal est l'occasion de nouer une collaboration lors d'un événement particulier et de proposer un objet éditorial hybride diffusé largement lors de l'événement. ITEM#1 a été lancé lors du festival Zoo Machines les 7-8-9 novembre 2014 à l'Imaginarium de Tourcoing.

Détails du projet

- Nicolas Tilly : créateur – Directeur de la publication et developpement de l'application

- Nicolas Tilly & Delphine Deval : direction artistique et développement du site web de la revue

- EV1 : iOS / Android

- EV2 : iOS (via ABM) / iOS / Android

 
 

Devant l’appareil enregistreur

Nicolas Tilly EV
 
Laboratoires d’Aubervilliers

The Head

Masque en papier (240 triangles). Dimensions : H : 40cm – L : 24cm

Laboratoires d’Aubervilliers

Les Manifestes

Bande son (voix de synthèse). Durée : 17min 11s.

Laboratoires d’Aubervilliers

Hilarious Gag Reel

Vidéo du jeu L.A NOIRE trouvée sur Youtube. Durée : 5min 8s.

Laboratoires d’Aubervilliers

L’intervention

Le 28/06/13 en public aux Laboratoires d’Aubervilliers.

Laboratoires d’Aubervilliers

L’intervention

Le 28/06/13 en public aux Laboratoires d’Aubervilliers.

Laboratoires d’Aubervilliers

Origine du projet

Autoportrait en 3D réalisé en 2012.

Laboratoires d’Aubervilliers
 

Nicolas Tilly“Le 1er mars 2010, Depth Analysis, une entreprise basée à Sydney, annonce le développement de la technologie MotionScan - un nouveau système révolutionnaire prêt à changer à jamais le visage de la définition 3D haute définition de capture de mouvement et de performances d'acteur dans le jeu vidéo et les industries cinématographiques.”
Ce que le jeu vidéo a produit depuis ses débuts – à savoir des espaces de jeux en deux ou trois dimensions visibles sur des écrans – prend depuis l'annonce du communiqué de presse de l'entreprise américaine Depth Analysis une autre tournure. Ce communiqué de presse, utilisé comme matière première à l’écriture, sera abordé comme un manifeste technologique

déclarant à qui veut l’entendre que le futur du jeu vidéo développera de fabuleuses architectures faciales. Devant l'appareil enregistreur, dispositif imaginé par Depth Analysis, les acteurs reproduisent l'ensemble du faciès humain sous le regard attentif de Mona Lisa. Le jeu vidéo intègre désormais le visage comme une architecture potentielle, entre gags et psyché humaine reprogrammée.
Cette intervention débutera par la projection d’une vidéo, puis sera poursuivie par une lecture (ou conversation manifeste) qui abordera le concept d’architecture faciale et mettant en avant la posture que le jeu vidéo peut générer des formes d’écritures, entre manifeste technologique et processus artistique.

Détails du projet

- Lieu : Les Laboratoires d’Aubervilliers

- Le 28/06/13 dans le cadre de la programmation Degré 48 Daniel Foucard

- Crédits photo : Fanny Vandecandelaere

 
 



L’Énigme

2012 / Vidéo animation - « Une énigme particulièrement retorse. Une vie entièrement ne suffit pas à la résoudre. Je pense qu'il faut laisser tomber, même si au fond de moi je donnerai tout pour connaître son secret. »



Habitus et Agrégats

2011 / Vidéo - Habitus et Agrégats est un Objet-Projet. Les Objets-Projets sont des mini-films ayant pour sujet une maquette, traitée comme espace d’expérimentation. Habitus et Agrégats est un prototype mutant, un intermédiaire à la croisée de la représentation, de l’échelle et de la production.



Les Systèmes Cristallins (lumière verte)

2011 / Installation lumière et dessin mural - Installation pour l’exposition « Les Itinerrances des poissons rouges » Ruban adhésif noir, néon vert et impression numérique sur tissus (format 193 x 145 cm).
« Cette lumière verte, toujours cette lumière verte... »

 
Nicolas Tilly

Les Systèmes Cristallins

2011 / Installation vidéo et prototype - Travail de recherche autour des formes cristallines. OBJET-PROJET (carnets, photos, vidéos, volumes) Vues de l’exposition « BYOB #3″ (Bring Your Own Beamer [apporte ton propre vidéoproj]) le 20 mars 2011, Plateforme, 73 rue des Haies 75020 Paris.

Nicolas Tilly

Archiprismes

2010 / Dessin mural - Dessin mural, bande adhésive noire. Dimensions : longueur: 11 mètres et hauteur: 2,5mètres. Crédit photographique Blaise Adilon. Vue de l’Exposition « Hanksite », au (9)BIS St Etienne du 18/09 au 30/10. Exposition organisée par l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne dans le cadre des galeries nomades 2010.

Nicolas Tilly

Station d’observation

2010 / longue vue terrestre sur trépied - Longue vue terrestre sur trépied. Vue de l’Exposition « Hanksite », au (9)BIS St Etienne du 18/09 au 30/10. Exposition organisée par l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne dans le cadre des galeries nomades 2010. Crédit photographique Blaise Adilon.

 
Nicolas Tilly

Hanksite

2010 / Volume - Volume plié dans des plaques d’aluminium Dibon. Hauteur: 150cm longueur: 300cm largeur: 240cm Vues de l’Exposition « Hanksite », au (9)BIS St Etienne du 18/09 au 30/10. Exposition organisée par l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne dans le cadre des galeries nomades 2010.



Worldformation

2010 / Vidéo animation - Vidéo animation format HD, 10min 28s. Muet. Diffusion en boucle. Réalisé avec le soutient de l’École Supérieure d’Arts de Rueil-Malmaison dans le cadre de la résidence Synapse.
« Quelque chose vivait dans cette caverne. J'en étais sûr depuis le début, mais comment le prouver ? Ce modèle de robot d'exploration a été idéal dans l'avancement de mes recherches. »

Nicolas Tilly

Planet Extracts

2010 / Prototypes - Prototype fragmenté en 5 morceaux. Stéréolithographie. Réalisé avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France (bourse individuelle à la création 2008).
« Il était impossible de voir à l'œil nu que cette grosse pierre était en fait composée de plusieurs morceaux. Je l'ai rangé un soir dans la vitrine, et le lendemain elle était devenue comme ça. »

 
Nicolas Tilly

Black Night 02

2010 / Posters - Invitation d’Ultralab™ dans le cadre de leur projet Black Night™02 pour la Biennale d’art contemporain de Rennes du 30 avril au 18 juillet 2010.

Nicolas Tilly

Sci-Fi

2010 / Dessin et Prototype - Dessin et prototype. Techniques mixtes. Dimension du cadre noir : 30 x 30 cm. Dimensions de la vitrine: 15 x 15 cm.



Pretty Stones (blue version)

2010 / Projection vidéo sur 1 sérigraphie - Projection vidéo sur 1 sérigraphie (84 x 119 cm). Travail réalisé avec le graphiste Yannis Pérez. Vue de l’Exposition « Si la nuit tombe », 65 boulevrad Sebastopole 75001 Paris, du 22/01/10 au 24/01/10.

 
Nicolas Tilly

Les histoires prismatiques

2009 / Dessin mural - Dessin mural et dessins à l’aquarelle et mine de plomb. Bande adhésive noire. Dimensions : variables. Dessins format : 65×50 cm et 40×40 cm. Vues de l’exposition collective « La main qui dessinait toute seule… (Chap.3) » à la galerie Magda Danysz – Paris 11eme. Du 20/12/08 au 17/01/09.



Gems Concept

2009 / Vidéo animation - Vidéo animation, 1min 30s. Muet. Diffusion en boucle sur écran LCD. Vidéo faisant partie du projet d’installation La Bête-Monde.
« Il y avait dans ce tableau en mouvement comme une sorte de vie. Ces cristaux devenaient de plus en plus présent dans ma vie, je voulais les récolter tous, même si pour cela j'y ai consacré ma vie. »

Nicolas Tilly

(un monde sous cloche)

2009 / Tirage Lambda sous Diasec - Tirage Lambda sous Diasec contrecollé sur dibon, 80 x 64 cm. Réalisé avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France (bourse individuelle à la création 2008).

 
Nicolas Tilly

Poster_1

2007 / Poster - Format A3. Impression numérique couleur recto-verso, tirage à 500 exemplaires. Édition diffusée gratuitement du 10 novembre au 9 décembre dans le cadre de l’exposition collective « FŒNH’Y » à la Cité Internationale Universitaire de Paris. Partenaire Glassbox « sans les murs ».

Nicolas Tilly

Le Paysage

2007 / Maquette - Fraisage numérique sur de la mousse de polyuréthane. Dimensions : Hauteur: 10cm Longueur: 52cm Largeur: 50cm. Partenaire : École Nationale Supérieure de Création Industrielle.
« Après plusieurs années de recherche, j'ai été obligé de réaliser cette carte en relief. Tout devenait trop floue, mes repéres n'avaient plus de sens. Je ne sais pas pourquoi les choses ont pris cette tournure. »



La Bête-Monde

2007 / Sculpture et maquette - Sculpture en tôle 2mm, peinture noire. Dimensions : Hauteur= 60cm Profondeur= 110cm Largeur= 125cm. Partenaire : École Nationale Supérieure de Création Industrielle. Vidéo de l’Exposition du post-diplôme Art et nouveaux médias, la galerie de l’École Nationale Supérieure de Création Industrielle 48 rue Saint-Sabin 75011 Paris. Du 11 au 25 octobre.

 
Nicolas Tilly

The Great Learning - Paragraphe sept (2006) - Nicolas Tilly, DVD, 35 min.

Composée spécifiquement pour le Scratch Orchestra, l’ultime partition verbale de Cardew, le paragraphe 7, marque l’achèvement de sa composition d’envergure, The Great Learning. Initialement interprétée en 1971, elle a été enregistrée peu de temps après pour le Deutsche Grammophon. Elle est interprétée ici dans une adaptation française par les étudiants et le personnel de l’Ecole Régionale des Beaux-Arts de Valence, sous la direction du compositeur Jean-Jacques Palix. Le film, monté par Nicolas Tilly, un ancien étudiant diplômé en 2007, capte cette unique performance vocale donnée lors d’une froide soirée de décembre 2004, durant laquelle le hall de l’école s’est transformé en un champ magnétique et l’ultime paragraphe de La Grande étude, en un cas d’école.

(Texte écrit à l'occasion du programme des manifestations «Cornelius Cardew et la liberté de l'écoute» au CAC Brétigny du 5 avril au 27 juin 2009.)

Conception et développement de l'application iPad DPF A PUBLICATION édité par l'École d’Art d’Angers. (2015)

Création graphique et développement du site de l'artiste Renaud Bezy. (2014)

 
 

Création graphique et développement du site de l'agence Marshmallows Events. (2013)



Création du logo WORTH. (2014)

 
 

Réalisations vidéo pour l'IFM. (2014)

Réalisation (Prise de vue, montage) avec Yves Dougin du film Tech&Design (R3ilab). (2011)

 




Nicolas Tilly

Je travaille sur des projets de commande et je mène également une recherche artistique personnelle qui mélange installation et édition numérique. Ces différentes formes de créations complètent mon profil à la fois sur la sensibilité artistique ainsi que sur la maîtrise des outils contemporains d’innovation numérique.

CV
PORTFOLIO

 



© Nicolas Tilly - 2015

UN MISSIONNAIRE DU MOYEN ÂGE RACONTE QU’IL AVAIT TROUVÉ LE POINT OÙ LE CIEL ET LA TERRE SE TOUCHENT



Par Béatrice Méline, responsable des éditions et des relations extérieures, École des beaux-arts de Toulouse. Texte extrait du Supplément Semaine vol. IV – Galeries Nomades 2010 Hanksite Le (9)Bis Saint-Étienne.



Entrant dans l’exposition Hanksite de Nicolas Tilly au (9)bis de Saint-Étienne, on reconnaît immédiatement les dessins vectoriels familiers à la création 3D et aux jeux vidéo : déclinés en peinture, dessins, volumes et animations, ils composent un espace aux échelles troubles – entre l’infiniment grand d’un paysage de documentaire, fiction scientifique et l’infiniment petit d’une colonie de cristaux. les repères sont brouillés et ce trouble est augmenté par la Station d’observation qui domine l’espace d’exposition et en propose une exploration à la lunette terrestre, modulant le punctum proximum(2). appliqué à cadrer et à faire le point, le regard croise d’autres punctum, au sens où Jacques Derrida entend ce terme dans La Chambre claire cette fois : les irrégularités des murs bruts de l’espace d’exposition que le grand dessin d’adhésif Archiprismes survole indifférent, tel un calque ; puis le volume rutilant d’Hanksite, dont la forme minérale est crevée comme une enveloppe éclose ; et enfin la projection de Worldformation au centre d’une peinture murale trouée à la manière d’un paysage de montagnes barré par l’écran d’un drive-in.

Mais l’analogie avec le jeu vidéo ou le phénomène photographique s’arrête au bas des marches. Une fois dans l’espace, il n’est plus question que de dessins et de plans sous différentes pressions. et le titre de l’exposition prend tout son sens : l’hanksite est un cristal prismatique de grande taille qui, comme le diamant, le sucre ou la neige, est le résultat d’une combinaison d’atomes, de molécu- les ou d’ions ordonnés sous certaines conditions de pression et de température, répétant une « maille élémentaire » dans les trois directions de l’espace. si des effets de températures sont percep- tibles dans les brouillards des profondeurs de la vidéo Worldformation, il faut plutôt chercher dans l’histoire du dessin et de l’abstraction les pressions et les vecteurs de la transformation que semblent appeler toutes ces pièces. Dans Point Ligne Plan, Vassily kandinsky écrit : « la ligne est le produit d’une force, elle est un point sur lequel une force vivante s’est exercée dans une certaine direction, la force exercée sur le crayon ou sur le pinceau par la main de l’artiste(3) .» Nicolas Tilly utilise aussi bien sa main que les différentes technologies de l’industrie à sa disposition pour éprouver sur un autre mode les degrés de formation du trait et des surfaces : Worldformation est un travelling dans une grotte qui apparaît dans une vibration toute primitive, tant du point de vue du sujet – des prismes, mi-solides, mi-liquides, semblent naître comme des formes de vie archaïque propres au médium – que d’un point de vue technologique – l’animation semble victime de défauts d’affichage. Dans son texte Clipping Théorie, nicolas tilly écrit : « [le clipping] consiste en l’apparition ou la disparition non contrôlée, souvent soudaine, des éléments du décor par le déplacement du joueur dans l’espace du jeu. [...] le jeu vidéo, outil de l’échec ? l’idée m’excite. [...] Je tente une réflexion [...] qui passe par la prise en compte de ses bugs et de leurs recyclages(4). »
Ces « sorties de route » amènent à repenser au commentaire de Roland barthes intitulé Les Sorties du texte à propos du texte Le Gros Orteil de Georges bataille : « bataille pose la question du commencement où l’on ne l’avait jamais posée : Où commence le corps humain ? [...] ceci pose la question du sens du corps (n’oublions pas qu’en français – ambiguïté précieuse – sens veut dire à la fois signification et vectorisation(5). » on pourrait supposer que les expériences de Nicolas Tilly sur le dessin commencent dans les bugs et les trouées, dans les failles écloses entre différents plans et entre les pores des technologies du dessin. le volume Hanksite, composé par pliage de feuilles de Dibond est un plan développé, un dessin cabré, posé au sol. De la même manière que pour La Bête- Monde, où les lignes viennent articuler le support, il prend appui sur lui-même et porte la marque d’un événement, d’un déplacement, possiblement monstrueux, difforme comme l’est le Gros Orteil de Bataille, qui n’en est pas moins « la partie la plus humaine du corps humain(6) ».

(1) Légende d’une gravure publiée par Camille Flammarion dans L’atmosphère : météorologie populaire (1888), éd.Panthéon, 2005, p.163.
(2) En optique, point le plus proche que l’on peut voir distinctement (il s’éloigne avec l’âge).
(3) Vassily kandinsky, Point Ligne Plan (1926), coll. Folio essais, éd. Gallimard, Paris, 1991.
(4) Nicolas Tilly, « Clipping Théorie » in Amusement, n°2, automne 2008, Paris, p. 170-171.
(5) Georges Bataille, Roland Barthes, Le Gros Orteil [1926] suivi de Les Sorties du texte [1973], éd. Farrago, Tours, 2006, p. 39, 170-171.
(6) Ibid., p.15.





Un regard sur l’exposition « Uchronie… », texte de DOMINIQUE MOULON, journaliste et critique d’art.



“Uchronies ou la ville au fond de l’œil” de Renaud Bezy & Nicolas Tilly, galerie Ars Longa du 25 mars au 22 avril 2009.

« L’action, dans les univers développés par Renaud Bézy et Nicolas Tilly, se déroule dans un “après”. Après les jeux vidéo ou après les technologies, après que les hommes aient déserté le monde, les villes. La musique répétitive, dans “Chain Reactions” de Renaud Bézy, nous évoque les jeux vidéo d’antan, durant que dans l’image une porte s’ouvre sur un couloir qui se termine par une autre porte qui s’ouvrira à son tour, sur un autre couloir. Il n’est plus question, ici, ni de règle ni de jouabilité. Le spectateur, hypnotisé par le flux régulier des images, n’a d’autre alternative que de suivre un travelling sans fin. Quant aux facettes polygonales de “La Bête-Monde” sculptée par Nicolas Tilly, elles témoignent de l’évolution de notre perception des technologies car les polygones, tout comme les pixels, ont été considérés tels les signes d’une nouvelle esthétique avant de disparaître sous la puissance de calcul des machines. Signe des temps, polygones et pixels réapparaissent aujourd’hui, sous des allures quelque peu vintage. Ou quand les technologies intègrent le sujet de la représentation. Et puis, il y a la parcelle de “Paysage”, dont Nicolas Tilly nous dit qu’elle a été ingérée par “La Bête”. Est-elle déserte ou a-t-elle été désertée comme le sont les paysages de Renaud Bezy ? L’action, dans “Les Incrustes” de ce dernier, se déroule encore dans un “après”. Après quelques catastrophes ou cataclysmes, quand la nature reprend ses droits sur le béton. Signe des temps, toujours, les pratiques de ces deux artistes oscillent entre dessin, peinture, installation et vidéo où l’imaginaire l’emporte dans leurs représentations d’un “après”, ou peut-être d’un “ailleurs”.



Texte écrit par PASCAL THEVENEY à l’occasion de la parution de Semaine 22.07 Mulhouse 007 :



« Une lente expérimentation des modalités du dessin a fait que la pratique de Nicolas Tilly se déplace parfois hors de la feuille, hors du plan. Après des interrogations liées au format, au trait, à la monstration du dessin, s’est posée la question de la façon de dessiner. Il n’est plus question du modèle d’après nature mais de puiser dans les multiples registres où le dessin se façonne (B.D., dessins animés, jeux vidéo…) sans oublier le D.A.O. Puisque la souris peut se substituer au crayon, puisque le pixel peut remplacer le trait, Nicolas Tilly tente la modélisation en 3D sur ordinateur. Ne cherchant pas à maîtriser tout le potentiel du logiciel, il en sort des formes nouvelles, hybrides, “sans queue ni tête” où les volumes de base se reconnaissent mais se déforment. Il ne s’agissait pas alors de conserver le fichier dans un recoin de l’espace de stockage mais de rendre réelles ces nouvelles formes. C’est ainsi que des volumes à la fois étranges et familiers ponctuent l’espace d’exposition. Ces volumes gardent le statut de dessins puisqu’ils sont en feuilles de contreplaqués, le trait en est les coupures et les ligatures. Mais ils ne sont pas de simples applications de ce qui s’est formé à l’écran car le geste de poser ces volumes au sol leur font acquérir la propriété de remodeler l’espace les environnant par phénomène de projection, “d’étoilement”. Comme si le dessin, malgré sa légèreté et sa fragilité présumées, avait la capacité de modifier son environnement. »



Une « bête-monde », à la matérialisation étonnante, texte de PIERRICK THEBAULT publié dans son blog Regarde.org en 2007



Une « bête-monde », à la matérialisation étonnante. Développé autour de la thématique du « lieu mouvant », cette installation artistique rend compte de la création d’un monde virtuel, dont l’histoire a été perturbée par un phénomène imprévu… Devenu incontrôlable et prolifère, cet univers artificiel, rendu visible par Nicolas Tilly, évolue telle une entité indépendante. Comme extraite de l’espace informatique, la sculpture de la « bête-monde » et de son paysage emprisonné ont déjà envahit la galerie de l’ENSCI et celle de la Cité internationale de Paris. Particulièrement réussi, le travail de ce jeune plasticien français découle d’une réflexion intéressante autour des limites des mondes, des doubles numériques ou encore des bugs graphiques. Si le dessin est souvent un point de départ, Nicolas glisse d’un médium à un autre, et jongle entre images sources et images produites. Ne soyez donc pas étonnés d’apercevoir plusieurs séquences vidéos (ici et là), diffusées à côté de cette structure en tôle noire… Cet artiste n’hésite pas à explorer le domaine de la modélisation 3D pour en sortir des formes nouvelle, hybrides. D’autres travaux sont à découvrir sur l’ « espace du bug ».